L’île d’Arran (Ecosse)

De retour en Ecosse ! Deux ans après la NC500, je retourne enfin au pays de mes rêves, cette fois pour visiter l’une des îles écossaises les plus accessibles : Arran. Située dans le Firth of Clyde, une grande baie du sud-ouest, Arran est à seulement 30min de ferry de Ardrossan, sur la côte.

De retour en Ecosse ! Deux ans après la NC500, je retourne enfin au pays de mes rêves, cette fois pour visiter l’une des îles écossaises les plus accessibles : Arran. Située dans le Firth of Clyde, une grande baie du sud-ouest, Arran est à seulement 30min de ferry de Ardrossan, sur la côte.

Paradis des géologues, on peut voir en plein air de rares phénomènes rocheux qui s’observent normalement sous terre ou au fond des océans. Certains types de roches différents s’y retrouvent côte à côte, ce qu’on appelle la discordance de Hutton, résultat de millions d’années de formation, déplacement, émergence et érosion des couches sédimentaires. Les découvertes de ce scientifique écossais sur Arran ont permis de montrer que la Terre était plus vieille que l’on pensait, et ont plus tard influencé les travaux de Darwin.

Parce que le nord de l’île se trouve du côté occidental de la ligne de faille des Highlands (qui sépare l’Ecosse entre Highlands et Lowlands – Terres Hautes et Basses), il est aussi parcouru de montagnes dont la plus haute, Goat Fell, culmule à 874m. Le sud (côté Lowlands) est une grande plaine herbeuse. Je trouve incroyable qu’une île si petite puisse ainsi être séparée en deux paysages complétement différents !

Mais si la géologie d’Arran est folle, son histoire humaine est tout aussi riche. Habitée depuis plus de 5000 ans, Arran garde encore des traces de cette époque. L’île a également connu les peuples gaéliques et vikings. Plus tard, Robert the Bruce, héros national pour avoir rendu l’Ecosse indépendante au XIVème siècle (pendant quelques décennies en tout cas), s’y est rendu plusieurs fois. Mais Arran a aussi subi les Clearances (quand les riches propriétaires terriens écossais ont chassé les paysans de leurs terres pour y élever des moutons entre 1750 et 1860) qui ont eu un effet dévastateur sur la population locale. Aujourd’hui, moins de 5000 habitants y vivent encore, alors que l’île voit défiler plus de 10 millions de visiteurs par an.

Dernière note amusante, depuis 2010 il existe une version “île d’Arran” du Monopoly !

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En octobre, la météo et les températures sont encore assez clémentes pour dormir dans le van, et les couleurs ont encore les bruns et roux chauds de l’automne, mais les touristes sont partis. La saison parfaite !

Un aller-retour en ferry depuis Ardrossan coûte environ £40 pour une voiture et un passager. Le trajet est court mais l’approche d’Arran très jolie, avec ses montagnes qui dominent progressivement le paysage.

Arrivée à Brodick en fin de matinée, je me suis d’abord rendue au musée du Patrimoine d’Arran. Petit musée mais les guides étaient très gentilles et s’y connaissaient ! Le site lui-même est composé d’une ancienne école et de plusieurs ateliers reconstruits: une forge, un ancien cottage… On y passe facilement une heure, à lire l’histoire de l’île et ses particularités.

J’ai ensuite traversé l’île pour randonner dans les King’s Caves. Cette série de grottes creusées dans la falaise il y a 10,000 ans présente des dessins et gravures des Vème et VIème siècles, ainsi que de nombreux graffitis plus récents. D’après la légende, c’est là que Robert the Bruce aurait trouvé le courage de se battre pour l’indépendance de l’Ecosse en voyant une araignée tenter de tisser une voile et persévérer malgré de nombreux échecs.

La balade circulaire de 5km est très agréable. Elle passe par une dense forêt, puis longe le sommet des falaises, d’où l’on a une vue magnifique sur la côte, avant d’atteindre les grottes, puis de revenir par une autre partie de la forêt. Le ciel était à peine plus pâle que la mer, et les pélicans semblaient apprécier le temps autant que moi !

Une belle vue !

De l’autre côté du parking part le chemin pour atteindre les Machrie Moor Standing Stones, un cercle de pierres dressées datant de 2300 avant JC, le même âge que Stonehenge. Comme son célèbre cousin, le cercle est situé là où le soleil tombe aux solstices. Il y a 11 cercles similaires sur un rayon de quelques centaines de mètres mais seuls deux sont encore à peu près intacts. Les fans d’Outlander n’auront qu’à tendre la main pour remonter le temps !

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Le lendemain est la grosse journée: j’escalade Goat Fell ! 17km, 1000m de dénivelé cumulée, temps de randonnée prévu: 5h. L’ascension est superbe et accessible, même si l’accès au sommet requiert d’y mettre les mains.

Montée dans la forêt – puis la vue se dégage !

Je vais tout là-haut !

Les couleurs sont superbes

ça grimpe dur !

L’est de l’île

Une fois en haut, j’ai l’impression d’être au sommet du monde. A mes pieds s’étend une rangée de montagnes, plus la mer, puis la côte écossaise au loin. C’est incroyable. Il n’y a personne d’autre et j’ai tout le temps d’observer mon nouveau royaume avant de me faufiler entre deux rochers pour déjeuner.

La vallée de Glen Rosa que je vais traverser à la descente

Pour redescendre, j’ai choisi de faire une boucle, continuer vers le nord de sommet en sommet avant de revenir par la vallée de Glen Rosa, au pieds des montagnes. C’est là que les ennuis démarrent. Le chemin suit les crêtes mais il est effondré par endroits, m’obligeant à faire des détours dans des sentiers/pierriers escarpés. Ces crochets ne sont pas grands, mais prennent du temps car les pierres roulent. 3h plus tard, je suis épuisée quand j’atteins enfin l’extrémité nord de la vallée.

ça va, vous voyez toujours le sentier…?

Glen Sannox d’un côté, glen Rosa de l’autre

Encore une fois, la vue est splendide, mais je rêve juste de me poser à ce point. Malheureusement, l’après-midi est bien entamée, et avec le coucher du soleil vers 17h, je ne peux pas m’arrêter trop lontemps. En plus, le ciel s’est couvert et il commence à faire froid. Je traverse Glen Rosa, puis la forêt qui n’en fini pas tel un zombie. Au final, il m’aura fallu plus de 7h pour faire la boucle ! J’aurais tout de même vu un troupeau de cerfs et pris de magnifiques photos, pas de regrets.

Après une telle journée, je ne cherche qu’à me reposer et prendre une bonne douche. Un petit camping sur la côte sud de l’île est le lieu parfait pour ça. J’y rencontre un couple de hollandais et leur chien et nous partageons la pièce commune le temps d’un dîner. Ils me recommandent une balade sur la plage où ils ont vu une colonie de phoques, et puis chacun part de son côté. J’apprécie toujours ces rencontres temporaires lors de mes voyages – quelques heures pour socialiser puis retour à la solitude !

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Comme prévu, le lendemain matin, je pars donc à la recherche de ces phoques. Et je les trouve ! Il y a là des dizaines de phoques qui prennent le soleil, posés sur des rochers à quelques distance de la plage. C’est la colonie de Kildonan, réputée dans le coin. Le chemin lui-même est très beau, face à l’île de Pladda et son phare et plus loin, l’énorme rocher d’Ailsa Craig. Le soleil montant brille sur une mer d’argent, c’est une matinée parfaite.

Après manger, il est temps de quitter le camping et de repartir à l’aventure. Direction Whiting Bay pour découvrir la cascade Eas a’ Chrannaig et les Tombes de Géants. 2h d’après mon site de randonnée et cette fois-ci, c’est vrai ! Le chemin monte le long d’une rivière, au sommet de laquelle se trouve la double cascade visible depuis une petite plateforme. Une dernière montée et je peux admirer Holy Isle, une île seulement habitée par une retraire de moines. Dans la descente je tombe sur les Tombes, deux chambre funéraires du néolitique. De retour en ville, je m’arrête dans un café avec une vue imbattable sur la mer pour manger me réchauffer. Et c’est reparti !

Arrêt suivant, The Library, une originale cabane de rondins dissimulée dans la forêt à quelques kilomètres de là. Un petit chemin fait une boucle dans la forêt et la cabane se trouve sur le retour. Et originale, elle l’est ! L’intérieur est couvert de lettres, de dessins, de messages de la part des voyageurs qui s’y sont arrêtés. Une belle découverte !

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Nouveau jour, nouvelle rando. Le Coire Fhionn Lochan est un petit lac d’altitude entouré de montagnes, un petit joyau d’Arran. Le nom veut littéralement dire “beau petit loch du cirque” ! Le chemin est facile, bien que la fin soit escarpée. A peine partie, je croise même un cerf qui traverse le sentier devant moi, c’est magique ! Je parcours ensuite une grande lande aux magnifiques couleurs brûlées. Puis le chemin rejoint une série de cascades et je prends rapidement de l’altitude, avant de parvenir sur la plage de graviers blancs qui borde le lac. Petit sandwich, puis rapide descente.

Je prends le ferry cet après-midi mais il me reste encore quelques heures, donc je continue mon tour de l’île avec un passage à Lochranza Castle, qui a inspiré le château de l’île Noire de Tintin.

Puis il je jette un coup d’oeil à la vallée de Sannox, que j’ai vu d’en haut depuis Goat Fell. D’en bas, elle est encore plus belle, malgré les gros nuages qui la surplombent. J’imagine qu’ils la rendent encore plus dramatique !

Finalement, dernier arrêt pour voir les fameux écureuils roux qui survivent encore sur l’île (ils ont quasiment disparus du reste de Royaume-Uni depuis l’introduction des écureuils gris). Ils sont adorables.

Et ces quatres jours arrivent déjà à leur fin. Arran était une superbe découverte, où je retournerais avec plaisir ♥

One thought on “L’île d’Arran (Ecosse)

  1. super randonnée,paysages majestueux mais que du rocher et quelle ballade pour atteindre le sommet;le chateau de l’ile noire rappelle de bons souvenirs de tintin,à qui tu ressembles un peu.Merci de nous instruire agréablement….

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