Quand je suis partie sur mon tour d’Europe, il y avait deux destinations qui m’attiraient particulièrement: la Norvège et les Dolomites. La première ayant répondu à toutes mes attentes et plus, j’avais hâte de découvrir la seconde. Il y a trois ans, nous avions failli y aller avec une amie avant de nous rabattre sur la Slovénie, de peur qu’il y ait trop de neige début avril. Bien entendu, j’y suis donc allée… début avril. Well done.




Les Dolomites sont un massif pré-alpin divisé entre trois régions italiennes, le Veneto, le Trentino/Südtirol et le Friuli-Venezia. Le Veneto couvre la majorité des Dolomites, au sud. Le südtirol au nord-ouest est la partie la plus touristique, avec les sommets les plus connus. Le Friuli à l’est est moins célèbre et moins fréquenté mais néanmoins joli aussi.




Fait intéressant, les Dolomites étaient à l’origine un massif de corail. Ce récif s’est pétrifié il y a 250 millions d’années, formant de la dolomie. Puis les mouvements tectoniques ont soulevé ces roches, créant des sommets dont certains s’élèvent aujourd’hui à plus de 3 000m d’altitude.


J’y ai accompli une boucle d’une grosse semaine, en débutant par une des plus belles vallées selon moi, le Val Venegia. C’était une magnifique entrée en matière, une balade très facile avec peu de dénivelé et une vue incroyable. A 1700m d’altitude, une courte montée le long d’un torrent nous amène dans une immense vallée (assez similaire au cirque de Gavarnie pour les connaisseurs) avec d’immenses falaises de pierre au bout. Première minute dans les Dolomites et je suis déjà subjuguée par la beauté de l’endroit.






De là, j’ai franchi le col du Passo Rolle, où j’ai d’ailleurs passé la nuit, pour parvenir dans la vallée du Belluno.




Petite pause au Lago Welsperg. Dommage que le ciel soit si nuageux, parce que le lac est vert bouteille et les montagnes alentours s’y reflètent, mais le gris rend le moment un peu triste. D’un autre côté, cela donne un aspect un peu fantômatique à la scène, et les photos sont tout de même splendides.





Puis c’est le Cadini del Brenton, une série de cascades et de cavités creusées dans un torrent de montagne, des “marmites de sorcières” comme un dirait dans les Pyrénées. L’eau a une très belle couleur verte. Juste à côté se trouve aussi la cascade Soffia, à demi dissimilée dans des grottes.









De là, je longe la Plave et la Cellina pour faire un détour par le lago di Barcis. J’espérais faire une balade dans les gorges donnant sur le lac, mais en cette saison elles étaient fermées.





Je reviens sur mes pas pour me rendre à ma deuxième grande destination: Cortina d’Ampezzo. Une des stations de ski les plus exlusives et chères d’Europe, c’est également une formidable base de randonnées. Les JO d’hiver de 2026 auront d’ailleurs lieu là-bas. Sachant cela, c’était assez satisfaisant d’y “loger” gratuitement !





Je suis restée 3 jours à Cortina, garée sur les hauteurs de ville avec de magnifiques vues partout. Une fois installée, c’est parti pour de la randonnée ! Le premier jour, j’ai accompli la boucle du Lago Ghedina: 5km, 200m de dénivelé, plutôt tranquille. Avec au retour, la traversée de prés donnant sur les montagnes tout autour. C’est fou. Le paysage ne semble même pas réel.














Le lendemain, grimpette au Passo Giau. Je suis à la limite de la neige depuis plusieurs jours, mais là, on tombe en plein dedans ! A 2240m d’altitude, on sent bien que le printemps n’est pas encore arrivé. Initialement, je voulais faire l’aller-retour jusqu’à Cinque Torre, une randonnée de 7km. Malheureusement, la neige est trop profonde, on ne voit même pas le sentier, et même avec une application de randonnée qui m’indique le chemin et ma position au mètre près, c’est trop dangereux. Je n’ai pas l’équipement, et vu l’inclinaison de la montagne, je risquerais même de déclencher une avalanche. Je me contente donc de suivre les traces quelques minutes et de profiter de la vue.






Nouvelle tentative de randonnée après une nuit dans la forêt. Cette fois, j’essaie d’atteindre un lac réputé, le lago Federa. 9km, 500m de dénivelé, 4h en théorie, 5h en réalité car je marche dans la neige sans raquettes et je m’enfonce régulièrement (jusqu’aux cuisses plusieurs fois…). Mais cette fois-ci, j’y parviens ! Et une fois au sommet, après 3h de marche, je peux admirer… rien du tout. Le lac est caché sous une épaisse couche de neige, je ne le vois même pas. Pardon, j’en vois quelques centimètres à travers une fissure dans la glace ! Heureusement, la vision des montagnes alentours me récompense malgré tout de mes efforts.



















Et c’est déjà ma dernière soirée à Cortina. Je me promène un peu en ville et j’admire un dernier coucher de soleil.




Le lendemain est la journée des lacs. Lago di Misurina, lago di Landro, lago di Dobbiaco. Avec une petite vue de loin sur Tre Cime, LE symbole des Dolomites avec ses trois pics qui culminent à 2 700m. Je finis avec une session piscine et douche, la première depuis que j’ai quitté Bergame, ça fait du bien !










Je suis à présent dans le südtirol, où se trouve un autre lac icônique des Dolomites: le Lago di Braies. Je m’y rends tôt le jour suivant, car il est extrêmement touristique. Il faut reconnaître qu’il est très beau, mais encore une fois recouvert de glace, ce qui empêche de voir le reflet des montagnes. Et honnêtement, les lacs précédents étaient tout aussi grandioses. La différence principale est le prix du parking, l’un des rares à être déjà payant en cette saison, et un des plus chers de la région !




Toujours dans le südtirol, je passe dans la vallée d’à côté pour découvrir un autre site photogénique, très présent sur Instagram, le Val di Funes. Très sympa, mais encore une fois la preuve que les lieux les plus connus ne sont pas forcément les plus extraordinaires. (Bon à ce stade je me montrais difficile, le paysage était quand même superbe, surtout au coucher du soleil)






En s’enfonçant davantage dans les montagnes, on parvient à Geisleralm et son admirable cirque, ses forêts et ses dents de rocs. J’y ai fait une boucle de 3h, encore une fois dans la neige et la glace, ce qui m’a valu de me casser la figure une ou deux fois sur les pentes glissantes du retour.






Malgré la beauté de l’endroit, j’ai tout de même préféré Alpe di Susi, à quelques kilomètres. Cet alpage situé à près de 2000m d’altitude est immense, et entouré de parois rocheuses. On peut d’ailleurs voir une partie des sommets des Dolomites depuis Susi. Il n’y avait que moi sur le plateau et la sensation de liberté et de ne faire qu’un avec la montagne était formidable.










Et c’est ainsi que s’est achevé mon expédition dans les Dolomites. C’était franchement aussi incroyable que ce que j’imaginais ! En cette saison, il n’y avait quasiment personne, sauf dans les sites les plus populaires (Lago di Braies et Val di Funes). J’ai d’ailleurs entendu des gens dire qu’au printemps, il y avait des files de voitures garées sur plusieurs kilomètres au départ de certaines randonnées; début avril, il y en avait… trois. En comptant la mienne. La plupart des parkings étaient encore gratuits. Et les campervans n’étaient pas autant refusés et pénalisés que plus tard dans l’année. La contrepartie, c’est que de certaines balades n’étaient pas accessibles et qu’il faisait un peu froid, à 1500m dans un van sans chauffage. Mais ça valait largement le coup ! Les Dolomites étaient une fabuleuse découverte 🖤
