La route 17

Cette semaine, je laisse Trondheim et la ville derrière moi pour me lancer à la conquête du nord, en suivant la fv 17, la plus longue route panoramique de Norvège. Elle s’étend sur 630km, de Steinkjer à Bodø. Tout le long, elle louvoie entre la côte, les montagnes et les îles, traversant 28 communes.

Cette semaine, je laisse Trondheim et la ville derrière moi pour me lancer à la conquête du nord, en suivant la fv 17, la plus longue route panoramique de Norvège. Elle s’étend sur 630km, de Steinkjer à Bodø. Tout le long, elle louvoie entre la côte, les montagnes et les îles, traversant 28 communes.

Le sud de la route est agréable, mais bien moins incroyable que ce que j’avais vu jusqu’alors en Norvège. Il est impressionant de constater à quel point on s’habitue à la beauté…

Heureusement, les lacs et les forêts reviennent assez vite, et j’ai pu à nouveau profiter de splendides paysages, bien qu’un peu plus plats que les semaines précédentes.

En continuant vers le nord, la route joue à cache-cache avec la mer. Un coup, elle la longe, laissant admirer plages ou fjords rugueux, un coup elle s’en éloigne, retournant vers les champs, forêts et collines.

Pendant que je roule, je profite des plaisirs éphémères des voyages, ceux dont on jouit sur le moment avant de les oublier… un arc-en-ciel, une plage de sable blanc entr’aperçu au détour d’un virage… le vent dans les feuilles, faisant bruisser les arbres, ou frémir la mer… la sensation de voir les montagnes s’éloigner depuis le pont d’un ferry, devenir bleues dans le lointain, alors que d’autres se rapprochent déjà… une mouette, qui plonge sur la route et semble suivre la voiture quelques instants… autant d’instantanés, dont le souvenir exact disparaît presque aussitôt, mais qui laissent un sentiment de joie derrière eux.

Chaque nuit, je trouve une place près de la mer ou au-dessus d’un fjord, d’où j’admire de magnifiques couchers de soleil, allant d’un ciel orange au-dessus d’une montagne à une traînée rouge incroyable dans la mer.

Et chaque jours je repars, parfois conduisant, parfois navigant. Car imprunter la route 17 implique aussi de prendre six ferries, dont quatre éléctriques, qui relient chaque tronçon du trajet. Le plus long d’entre eux traverse même le cercle polaire, latitude 66’34 N, au-delà duquel le soleil ne se couche pas ou ne se lève pas au moins un jour par an.

Il m’aura fallu cinq jours pour accomplir cette partie du road-trip, bien que ce soit faisable en trois. J’ai ralenti sur la fin du trajet car le ferry que je voulais prendre pour l’île de Vaeroy, au sud des Lofoten, ne passait pas tous les jours.

Et ces deux journées supplémentaires, plus lentes, plus tranquilles, se sont révélées les plus belles. J’ai découvert des grottes dans les montagnes, libres d’accès, où l’on peut s’enfoncer de plusieurs centaines de mètres dans la roche, en suivant un étroit couloir assez terrifiant. Le tout sans aucun éclairage ni aucune sécurité !

Première grotte:

Deuxième grotte:

Surtout, j’ai découvert la plage de Langsanden. Un véritable joyau, au sens propre comme un figuré. Cette plage est l’une des plus longues du pays, et elle est parfaitement équipée en toilettes et douches, ce qui en fait déjà le paradis des campeurs. Mais ce qui la rend unique, c’est la présence de poussière de quartz dans le sable, ce qui le fait briller au soleil. La mer parfaitement transparente balance entre le bleu et le vert, et dès que les vagues remuent le sable au bord de la plage, elle scintille de mille feux. J’ai passé un long moment dans l’eau un matin, jouant dans les vagues, nageant dans l’eau cristalline et agitant les cristaux de quartz pour les voir danser autour de mes pieds. Une matinée parfaite.

La dernière section de la route était splendide aussi ! Juste avant Bodø se trouve Saltstraumen, le plus puissant maelstrom du monde. A cet endroit, le Saltfjord se rétrécit en un détroit de seulement 150m de large où se croisent les courants du fjord et de la mer. A chaque étale de marée, plusieurs centaines de milliers de mètres cubes d’eau circulent et se heurtent dans ce passage, créant des courants de 22 noeuds et des tourbillons atteignant jusqu’à 10m de diamètre et 5m de profondeur. Un spectacle impressionnant à voir !

Le lendemain, j’ai achevé la fv 17 et suis arrivée à Bodø. Comme pour célébrer cela, le ciel s’est réveillé ce soir-là et j’ai admiré ma première aurore boréale en Norvège. Un spectacle magnifique, et magique. Et une fin inoubliable pour cette partie du road-trip, avant d’embarquer pour les îles Lofoten.

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