Toujours sur les routes du sud, je me dirige maintenant vers les îles: j’ai deux semaines devant moi pour visiter la Sicile, et faire un petit détour par Malte. Etant allée à Palerme il y a quelques années, je n’en avais pas gardé une grande impression, mais cette fois, j’ai le temps, et c’est l’occasion de redorer mes souvenirs de la Sicile ! Ou pas…

En chemin, je passe par Scilla (une ville italienne) et Charybde (le détroit de Messine), pour un bref moment mythique !



La traversée en ferry est chouette, mais dès le débarquement sur l’île, les ennuis commencent. Impossible, déjà, de visiter Messine. Je tourne en rond pendant une demi-heure en cherchant une place de parking, en vain. Un problème récurrent que j’ai remarqué en Italie est le manque de place dans les villes, et il est particulièrement notable ici. Même les locaux ne peuvent pas se garer, alors les touristes… Tant pis, je saute Messine et me dirige vers Taormine.


Cette fois, je trouve un parking un peu à l’écart du centre ville, et entame l’ascension des nombreux escaliers vers la ville. Bien que Taormine apparaisse assez peu dans les textes antiques, elle a néanmoins formé un port important depuis plus de 2000 ans. Son théâtre greco-romain est d’ailleurs l’un des plus remarquable de la méditérannée (et un des plus chers aussi). Aujourd’hui, Taormine est surtout une ville touristique, et assez mignonne, il faut avouer.












Est ensuite venue la partie la plus intéressante de mon séjour en Sicile: la région de l’Etna ! J’ai eu la chance d’arriver dans le coin au moment où le volcan entrait en éruption, et j’ai donc pu profiter de la vision (lointaine) de la traînée de lave rouge vif tous les soirs.




Même les balades dans la neige autour des cratères étaient spectaculaires. Le contraste entre le noir de la roche et le blanc de la neige, les multiples cratères dissimulés sous leur froid manteau, et, pour couronner le tout, la vue du cratères fumant surgissant de la glace étaient magiques.








Mais après deux jours à profiter du calme de la nature, il m’a fallu revenir dans la civilisation. Catane, au pied de l’Etna, est une agréable ville où j’ai mangé les meilleurs arancini de ma vie. Bien qu’ayant souffert de nombreuses éruptions et séismes qui l’ont détruite plusieurs fois, Catane s’est toujours relevée. La cité, déjà une importante colonie à l’époque grecque, a malheureusement une histoire de s’allier aux perdants: ainsi elle s’est jointe à Athènes lors des guerres contre Syracuse, a soutenu Pyrrhus Ier contre les Romains… en vain. Entre deux brefs moments d’indépendance, la ville est passée du contrôle de Syracuse à celui de Rome, des Byzantins aux Arabes, des Normands aux Aragonais, ce qui ne l’a pas empêché de demeurer une cité florissante.










A Catane, j’ai brièvement abandonner Betty pour passer un week-end à Malte. Donc petite parenthèse nouveau pays ! Malte est très jolie île, très désertique, et l’architecture est très typique. En plus, c’est une ancienne colonie anglaise, qui a gardé pas mal de caractéristiques britanniques, donc j’ai pu temporairement retrouver la conduite à gauche, les English breakfasts et la langue anglaise ! Ce qui m’a rendue nostalgique de la maison…












L’histoire de Malte est fascinante aussi. A l’origine, une île perdue aux confins de l’Europe, mais très bien située stratégiquement. Dans les années 1520, les Ottomans, terreurs de la Méditerranée, chassent les Hospitaliers de Rhodes. Sans terres, ils errent pendant quelques temps avant d’être hébergés sur Malte, qui devient leur quartier général. Ils construisent, beaucoup, et renforcent les fortifications de l’île, terrifiés à l’idée que les Ottomans ne les poursuivent ici. C’est le cas… mais les Hospitaliers les repoussent, et, à la fois pour célébrer et se garder d’une future attaque, construisent Valette et des remparts encore plus importants.











La situation reste stable jusqu’à l’arrivée de Napoléon en 1798. En route pour l’Egypte, il boute les Hospitaliers hors de Malte, abolit l’esclavage, change les lois et rend l’école obligatoire, puis s’en va en laissant quelques soldats derrière. Bien que les changements soient généralement bien acceptés par les locaux, l’hostilité des Français envers le catholicisme, et leur tendance à piller les églises, les rend vite impopulaires. Les Maltais font alors appel aux ennemis jurés de l’empire français, les Anglais, et promettent de devenir un de leurs colonies s’ils les débarassent de leurs occupants.











Finalement, Malte obtient son indépendance en 1964. En tant que territoire désormais neutre, c’est là que l’accord ratifiant la fin de la Guerre Froide est signé. J’ai également appris que les Hospitaliers, officiellement l’ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte existe toujours !












Après deux jours sur l’île, c’est le retour en Sicile. L’étape suivante est Syracuse, rendue célèbre par Henri Salvador. J’aimerais tant voir Syracuse… eh bien je l’ai vue ! J’ai apprécié ma balade en ville, admiré les vieilles maisons (et la pluie).









Un peu plus loin, j’ai découvert le Val di Noto, connu pour ses villes de style baroque et ses maisons en tuf. Ragusa Ibla et Modica, et surtout Scicli, m’ont rappelé Matera, en plus petit et moins troglodyte. Elles sont d’ailleurs également classées à l’Unesco, notamment pour leurs églises.













Je suis resté plongée dans l’Histoire les jours suivants, d’abord l’antiquité, entre la Vallée des Temples et le parc de Selinunte. Ces deux sites sont d’anciennes cités grecques dont il reste aujourd’hui de multiples temples, résultat d’une intense vague de colonisation au VIIIème siècle. Ils sont parmi les mieux conservés du monde méditerranéen.











Ensuite, le Moyen-Age, avec la Scala dei Turchi, l’escalier des Turques. Incroyable formation d’argile et de calcaire, elle tire son nom des pirates ottomans qui s’y abritaient lors des tempêtes.




Après toutes ces visites, il est temps de se poser un peu et de récupérer au calme. Je prends deux jours dans une magnifique vallée en bord de mer, pour lire, admirer les vagues, me promener au bord de l’eau…












En restant dans la nature, je m’enfonce dans la réserve du Zingaro, une section de la côte qui a été protégée depuis les années 80. Toute construction y est interdite, et on ne peut y circuler qu’à pied. Le paysage est vraiment fantastique. Et l’eau y est d’un turquoise incroyable.








Puis est venue la dernière étape en Sicile: la capitale, Palerme. A ce stade, je commençais à être assez fatiguée, mais j’ai tout de même apprécié le centre-ville, la cathédrale, les églises (surtout l’église de Martorana), le rue principale avec son intersection des Quatres Coins… Et une chance supplémentaire de manger des arancini ! Le tour était vite fait cela dit, et le reste de la ville n’est, selon moi, pas extraordinaire.














C’est ainsi que mon séjour en Sicile s’est achevé. Comme je le disais au début, j’attendais de voir ce que cette visite aller donner. Au final, j’ai découvert des endroits fabuleux, mais dans l’ensemble j’ai été un peu déçue, parce qu’entre deux arrêts, les paysages étaient souvent monotones, voire couverts de serres blanches à perte de vue. Les villes étaient aussi très touristiques, avec certains des monuments les plus chers que j’ai vus en Europe, et de grosses difficultés pour se garer. Petit plus, la conduite en Sicile était folle, mais très divertissante ! Oubliez les panneaux stop, ;ignes blanches, et cédez le passage, et allez-y au culot !


Un ferry plus tard, j’étais de retour en Italie continentale. Deux jours de conduite intense m’ont amenés sur la côte amalfitaine, où j’ai retrouvé ma soeur, puis en Toscane, où j’ai passé une semaine avec mes parents. Le prochain article sera donc sur la côte Est du pays !
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