La Grèce du nord

Mon escapade en Turquie était formidable, mais il est temps de retrouver mon van Betty et de continuer nos aventures ensemble ! Depuis Sofia, nous descendons vers le sud du pays, et notamment vers la chaîne de montagnes de Rila, où il y a une belle rando à faire.

Mon escapade en Turquie était formidable, mais il est temps de retrouver mon van Betty et de continuer nos aventures ensemble ! Depuis Sofia, nous descendons vers le sud du pays, et notamment vers la chaîne de montagnes de Rila, où il y a une belle rando à faire. En ce début du mois de novembre, et surtout en altitude, les températures se sont rafraîchies, mais il n’y a pas encore de vraie neige.

Sur les conseils du couple de Hollandais que j’avais rencontrés en Slovaquie, je me dirige donc vers la randonnée des Sept Lacs. Dénivelé prévu: 350m sur une boucle de 10km, rien de trop difficile. Un télésiège emmène les randonneurs jusqu’au début du sentier, et c’est parti ! Au fur et à mesure que je marche, et que je monte, les lacs se révèlent, un par un, un coup bleus, puis verts, puis noirs, selon le point de vue. Comme j’escalade un dernier promotoire, je parviens à en voir plusieurs à la fois, en plus d’un magnifique panorama sur les montagnes alentours. Au sommet, je rencontre des Français en vacances en Bulgarie et nous redescendons ensemble, avant de nous séparer aux télésièges. Eux les prennent pour descendre, moi je le longe à pied, en espérant ne pas croiser d’ours ! En tout, la randonnée m’a pris environ 4h, et c’etait très agéable.

A peine descendue d’un versant de la montagne que je remonte sur l’autre, en direction du monastère de Rila. Fondé au Xème siècle par Saint Jean de Rila, le lieu était à l’origine un logement pour ascètes avant de devenir un monastère, qui a ensuite été décoré de splendides fresques pendant la Renaissance bulgare du XVIIIème siècle. Ce site est aujourd’hui inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco, et on comprend pourquoi au premier coup d’oeil: en plus de sa valeur historique et spirituelle, c’est une véritable perle visuellement. Je ne regrette vraiment pas le détour pour aller le voir !

Et il est déjà temps de quitter la Bulgarie. J’ai hâte d’arriver en Grèce, où la température est un peu plus haute et où je pourrai profiter de la plage ! Et en effet, dès mon arrivée à Thessaloniki, dans le nord-est du pays, je retrouve avec plaisir la mer, que j’avais quitté en Norvège, de l’autre côté de l’Europe. La ville de Thessaloniki est assez moderne et n’a pas un grand charme, mais l’ambiance est sympa, et la vue sur le mont Olympe est assez onirique. En voyant cette montagne se dresser au-dessus de la mer, dans une vague brume, on comprend vite pourquoi les Grecs pensaient que les dieux y vivaient !

La Hagia Sofia de Thessaloniki, inspirée de celle d’Istanbul

A Thessaloniki, je retrouve aussi une amie, qui me présente les meilleurs restaurants et bars à jazz du coin, et je me pose quelques jours. Une pause semi-forcée d’ailleurs, car la pluie m’a enfin rattrapée après des semaines de beau temps et je suis forcée de passer plusieurs jours enfermée dans le van. L’occasion de rencontrer un couple de Français dans la même situation, avec qui je passe une super après-midi à papoter, bien au chaud dans leur camping-car.

Mais le soleil finit par revenir, et mes excursions avec lui. Je pars du côté de Halkidiki, la péninsule ressemblant à trois doigts à l’Est de Thessaloniki, où je découvre les monastères du Mont Athos. Toute la presqu’île appartient aux monastère et la zone est interdite aux femmes, et à accès limité pour les hommes, le seul moyen de s’en approcher est pour moi de faire une petite croisière le long de la côte. C’est joli, le soleil brille, et le bateau diffuse l’histoire de la région, qui est très riche. Le mont Athos est un haut-lieu du christianisme orthodoxe, et de nombreux monastères y ont été construits à partir du VIIème siècle.

Les deux autres doigts de Halkidiki offrent de beaux paysages mais moins de lieux à visiter, et je passe surtout de plage en plage, en faisant une balade par-ci, un peu de paddle par-là…

Puis il est temps de repasser aux choses sérieuses. Après presque deux semaines à ne pas faire grand chose, j’ai la bougeotte, et je quitte le nord de la Grèce pour visiter les Météores. Autre site que je voulais voir depuis longtemps, les “cheminées” des Météores se révèlent en effet impressionnantes, et me rappellent un peu la Cappadoce… Malheureusement, j’y suis le jour où la plupart des monastères sont fermés, et je n’avais pas anticipé le prix d’entrée de chacun (3 euros) à payer en espèces, et je n’ai pas retiré avant de quitter Thessaloniki… résultat je ne peux en visiter qu’un, mais je l’apprécie d’autant plus !

Un peu plus au sud, je rejoins le Golfe de Corinthe, et la magnifique cité antique de Delphes. Je l’avais déjà visitée avec l’université dix ans plus tôt, mais c’était un plaisir d’y retourner et de revoir les restes de ce sanctuaire vieux de 2500 ans ! Dans la mythologie, l’endroit était à l’origine la tanière du redoutable Python. Le dieu Apollon, qui cherchait à édifier un sanctuaire à sa gloire, tua le serpent et se rendit maître des lieux. Delphes devint ensuite le siède de la Pythie, célèbre oracle qui prédisait les événements futurs après avoir inhalé des vapeurs venant d’une fissure dans la roche. Les Jeux Pythiques s’y déroulaient également tous les quatre ans pour célébrer la victoire d’Apollon.

Si elle avait encore été là en 2024, la Pythie m’aurait sans doute dit que des ennuis arrivaient. Deux jours plus tard, alors que j’arrivais sur l’île d’Euboia, la deuxième plus grand île de Grèce après la Crète, mon téléphone est tombé dans l’eau, me faisant perdre toutes les photos de la Grèce et coupant mon lien à Internet. J’avais heureusement un vieux téléphone pour les urgences, mais il n’acceptait que les cartes sims physiques, alors que j’utilisais une carte e-sim virtuelle… donc adieu la 4g ! Et ce n’était que le début de mes déboires téléphoniques… Ayant commandé un nouveau portable, qui devait arriver à Athènes quelques jours plus tard, j’ai fini mon tour d’Euboia (qui était très sauvage et belle).

A Athènes, j’avais réservé une auberge, en partie pour ne pas avoir à conduire en ville, et en partie pour avoir une adresse où envoyer le portable. Portable qui arrive, que je configue… et réalise qu’il n’acceptait pas les e-sims non plus ! J’avais assumé que tous les téléphones modernes le faisait, mais non… Sachant que j’allais rentrer en France pour Noël, j’ai décidé de prendre mon mal en patience, et attendre de pouvoir aller dans une boutique de mon fournisseur téléphonique pour récupérer une sim physique. Là-dessus, je réalise qu’en plus mon nouveau téléphone ne fait pas de super photos, ce qui est LA caractéristique importante pour moi. Bref, la poisse. Il faudra changer de portable, encore, en arrivant en France. En attendant, je visite Athènes !

Comme il me reste encore dix jours avant de m’envoler pour la France, je quitte la capitale pour le Péloponèse, où je décide de longer la côte Est.

J’y ai fait quelques belles étapes, notamment à Nauplie, charmante cité de l’époque byzantine, qui a ensuite été prise et reconstruite sous l’influence vénitienne.

J’ai également découvert Monemvasia, autre ancienne ville byzantine, absolument adorable sur son rocher fortifié.

En guise de sport, je me suis aventurée dans les gorges de Ridomo. Et c’était certainement une aventure ! Il est recommandé de ne pas s’y promener seul, un avertissement que j’ai vite compris quand j’ai dû escalader d’énormes rochers avec pour seule aide une corde, et parfois de petits appuis creusés dans la pierre… Mais je m’en suis sortie, et j’ai retrouvé le chemin de la civilisation après 2h de grimpette.

Retour à Nauplie mi-décembre pour compléter mes cadeaux de Noël, et c’est fini pour cette partie de la Grèce. Je retrouve le chemin de l’aéroport et abandonne une nouvelle fois Betty pour les fêtes. Au retour, direction la Crète pour un mois de civilisation minoenne, de randonnées et de baignades !

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