L’Ouest de l’Italie: d’Amalfi à Florence

Après deux jours de route et 800km de plus sous les roues, me voici arrivée en Campanie, la région napolitaine. Je vais y passer une semaine avec ma soeur. Ensuite, direction le nord pour découvrir la Toscane avec mes parents !

Après deux jours de route et 800km de plus sous les roues, me voici arrivée en Campanie, la région napolitaine. Je vais y passer une semaine avec ma soeur. Pour changer un peu des circuits habituels, nous décidons d’éviter Naples, Pompéi, Herculanum et le Vésuve, que nous connaissons déjà, et de nous diriger plutôt sur la côte amalfitaine et les îles.

Du IXème au XIIème siècle, Amalfi était un des principaux ports d’Europe. Les marins amalfitains seraient d’ailleurs les premiers européens à avoir utilisé la boussole, et faisaient du commerce à la fois avec l’Afrique, le Moyen-Orient, et l’empire byzantin. Témoins de cette relation priviligiée avec l’orient, les portes de la cathédrale d’Amalfi ont été fondues à Constantinople, et il semblerait que les premiers Hospitaliers de Jérusalem aient été des commerçants amalfitains. Rappel de cette époque glorieuse pour la région, Amalfi participe tous les quatre ans à la Régate des Anciennes Républiques Maritimes avec Venise, Gênes et Pise.

De nos jours, la côte est davantage réputée pour sa production de citrons et la beauté de ses reliefs accidentés. Elle est d’ailleurs classée à l’Unesco depuis 1997. Parfaite illustration de ces caractéristiques, le Chemin des Dieux est un sentier longeant la falaise de Bomerano à Nocelle. La légende raconte que les dieux de l’Olympe auraient utilisé ce chemin pour sauver Ulysse du chant des sirènes des îles de Li Galli (aussi appelées avec originalité Sirenuse). Je pense personnellement qu’il mérite son nom pour l’incroyable vue qu’il offre sur la mer et les environs !

Les villes de la côte sont aussi très mignonnes: Amalfi, Positano et Ravello, notamment, sont un amas de maisons colorées désespérément accrochées sur la falaise. En effet, notre première impression du territoire aura été sa verticalité. Pour vous donner une idée, il y a 600m de dénivelé entre Pianillo, au sommet des falaises, et Amalfi, au bord de la mer. Pour parcourir les 4km qui les séparent à vol d’oiseau, il faut faire 17km en voiture, dont un grand nombre de virages escarpés !

Dans la prolongation parfaite du littoral se trouve l’île de Capri. Bien connue en France grâce à la chanson de Hervé Vilard, c’est surtout un lieu de villégiature luxueux depuis les années 1950. Surprenant fun fact, à l’époque romaine, des fossiles de mammouths et d’animaux marins disparus y furent decouverts et exposés par l’empereur Auguste. Son successeur Tibère aimait également beaucoup l’île et y passa les dix dernières années de sa vie. Déjà à l’époque, Capri attirait une certaine clientèle !

Le jetboat pour Capri
Premier coucher de soleil sur l’île
La vue depuis notre super Airbnb
La ville de Capri
La ville d’Anacapri
Vue du sommet !

Nous avons passé trois excellents journées sur Capri, à parcourir les ruelles et sentiers de l’île. Mais une semaine en bonne compagnie passe vite, et après une ultime nuit de retour sur le continent, il est déjà temps de séparer. Je ne vais pas rester seule très longtemps cependant car mes parents me rejoignent quelques jours plus tard à Florence. Il est de temps de continuer vers le nord !

Petit passage dans le Parc du Sirente Velino
Passage à Sulmona, on est toujours dans les montagnes !

Un saut de puce de 300km plus loin (c’est une grande puce), je débarque en Toscane. Dès le début, les paysages me plaisent beaucoup. Belles collines vertes, longues routes bordées de cyprès, pittoresques villages de pierres perchés sur les hauteurs… Cette région a tout pour plaire.

Je commence ma visite par la “vieille ville” d’Orvieto, connue pour sa cathédrale couverte de mosaïques et de sculptures.

Je lui préfère Montemerano, bien plus petit, mais nommé parmi les “plus beaux villages d’Italie”. J’apprécie surtout ses étroites ruelles. De la pierre, du lierre, de vieux bâtiments, on est tout de suite dans une ambiance particulière ! De plus, presque à ses pieds se trouve la Cascate del Molino, une piscine chaude naturelle gravée dans la roche calcaire. L’occasion de se relaxer en douceur !

Je continue ensuite vers Montepulciano. Une visite obligatoire pour la fan de Twilight que j’étais, adolescente, car c’est là que le film a été tourné. Malheureusement, le temps n’est pas au rendez-vous, et je découvre la ville sous des trombes d’eau. C’est d’autant plus regrettable qu’elle a l’air magnifique, et je passe quand même une bonne heure sous la pluie pour en faire le tour.

Le lendemain, mes parents me rejoignent, et nous nous dirigeons immédiatement vers Sienne. De toutes les villes de Toscane, c’est celle qui nous a le plus impressionnés: le centre-ville est magnifique, et la cathédrale une des plus belles que j’ai vues. Et ce n’est pas surprenant car sur de nombreux points, Sienne est la rivale de Florence, pourtant bien plus connue.

D’après la légende, la ville fut fondée par les fils de Rémus qui fuirent Rome et leur oncle Romulus sur deux cheveux, l’un noir, l’autre blanc, qui devinrent ainsi les couleurs de Sienne.

La cathédrale, achevée en 1370 après 150 ans de travaux, est sidérante. Derrière une façade gothique en marbres blanc, vert et rouge, se cache un intérieur couvert de mosaïques du sol au plafond. L’ensemble est chargé mais certainement saisissant. On y trouve notamment des oeuvres de Bernini, Michel-Ange et de Donatello. Et il ne faut pas oublier la Librairie Piccolomini, bibliothèque personnelle d’un cardinal du XVème siècle, où l’on trouve d’incroyables fresques et manuscrits.

Quittant la ville, nous retournons ensuite dans la campagne toscane, d’abord à Monteriggioni, un ancien avant-poste siennois, aujourd’hui minuscule mais adorable village.

Puis nous découvrons San Gimignano, véritable gemme tant architecturale qu’historique. Perchée au sommet d’une colline, entourée de remparts, la ville a peu changé depuis le XIVème siècle. A l’époque, la ville était surmontée de 72 maisons-tours de plus de 50m de haut, un véritable Manhattan médiéval! Il n’en reste aujourd’hui que 13, mais l’effet est encore frappant. Symboles de richesse, ces tours permettaient aux nobles d’être en sécurité (le rez-de-chaussé n’avait souvent pas d’ouverture) tout en prouvant leur valeur, dans des villes où l’espace au sol était assez réduit.

Moins impressionnante mais tout de même très belle, Montalcino est au coeur d’une des plus importantes régions viticoles du pays. On y retrouve toutes les caractéristiques des villes toscanes: petites rues, nombreux escaliers, grandes maisons de pierre, et délicieux restaurants.

Nous achevons notre circuit par le monastère de Santa Maria de Monte Oliveto Maggiore. Maison-mère de l’ordre bénédictin olivétain, l’abbaye est une véritable forteresse où l’on peut voir de très jolies fresques, ainsi qu’une imposante cave à vin produit par les moines.

Enfin, nous voici à notre destination finale: Florence. Ici, les avis sont partagés. D’un côté, Florence, célèbre mondialement, berceau de la Renaissance, possède certains des plus beaux monuments d’Italie, comme le Duomo, la Galerie des Offices ou le Palazzo Vechio. Historiquement et culturellement, c’est incontestablement une des villes les plus importantes d’Europe. J’ai eu l’occasion d’y faire une visite guidée qui m’a beaucoup appris sur son passé, sur le poids de la famille Médicis, sur son influence. C’était fascinant.

Ci-dessous le Palazzio Vechio
Les maisons-tours de Florence, qui atteignaient 70m au Moyen-Age

La façade extérieure du Duomo est incroyable, et j’ai passé des heures à parcourir les couloirs de la Galerie des Offices pour voir toutes les oeuvres et scupltures de Botticelli, Raphaël, Titien, Rubens, et bien d’autres. Le musée contient la plus belle collection au monde de peintures italiennes, et ce titre n’est pas volé.

D’un autre côté, après une semaine dans la campagne toscane, débarquer à Florence fait un choc. Le bruit constant, le traffic intense, la masse de touristes sont déjà difficiles à supporter, mais il faut reconnaître que la ville elle-même, en dehors de l’hyper-centre historique, n’a rien d’extraordinaire. Les maisons n’ont pas la beauté de Sienne ou des villages, les rues sont encombrées, parfois en mauvais état, souvent sales… C’est une grande ville, et pas dans le bon sens du terme. On sent qu’elle a souffert du tourisme, et traverse une crise, dont la municipalité s’inquiète d’ailleurs depuis quelques années. A voir ce qu’elle fera dans le futur pour endiguer ces problèmes…

Moi dans les rues de Florence...

En tous cas, ces trois semaines sur la côte ouest de l’Italie se seront révélées riches en decouvertes, et après des mois à rouler seule sur les routes de l’Europe, il était fort agréable de passer du temps en bonne compagnie !

En bonus, quelques délicieux plats italiens !

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