Sans Betty en Turquie II: la Cappadoce

Après la ville, la campagne. Je quitte Istanbul, sa foule, et ses monuments, pour un des plus beaux lieux qu’il m’ait été donné de voir: les vallées de Cappadoce.

Après la ville, la campagne. Je quitte Istanbul, sa foule, et ses monuments, pour un des plus beaux lieux qu’il m’ait été donné de voir: les vallées de Cappadoce.

J’ai encore une fois choisi le bus pour me rendre à Gorème, ville centrale de la région, d’où partent la plupart des randonnées. Le trajet est long, 9h, mais l’arrivée est incroyable… Nous parvenons au sommet des collines qui entourent Gorème au lever du soleil, à l’instant où s’élèvent des dizaines de montgolfières colorées. Pour une introduction, c’est réussi, je suis déjà en train de tomber amoureuse !

A peine descendue du bus, je remarque la différence de température; la veille j’avais trop chaud avec mon jean et mon t-shirt, là, il fait 1° et je suis bien heureuse d’avoir un pull et un manteau. Je me dirige d’abord vers mon auberge de jeunesse, où j’espère pouvoir laisser mon sac. Il n’y a personne à la réception mais je trouve du thé et une prise pour recharger mon téléphone. En plus, la terrace juste au-dessus donne directement sur la vallée, et j’ai le temps d’admirer un peu plus les montgolfières avant que le manager arrive. Nommé Latif, il est vraiment sympa, et nous avons bien eu l’occasion de papoter pendant mon séjour.

Mais il est maintenant 9h, et bien que fatiguée, j’ai la bougeotte et très envie de découvrir les vallées environnantes. Suivant les indications de mon application de randonnée, je pars les chemins des Vallées Rouge et Rose. Le premier kilomètre est un peu frustrant, traversant les routes et grands parkings de terre à l’Est de Gorème, mais je les laisse assez rapidement derrière moi pour entrer dans un canyon de la vallée rouge. A partir de là, tout est incroyable.

Les canyons se succèdent, parfois désertiques, parfois parsemés d’arbres et de buissons. Je croise quelques restaurants, fermés pour la saison. Par moment, le sentier s’enfonce dans des tunnels naturels creusés dans la roche par l’eau et le vent. Et il n’y a personne. La vallée semble être tout à moi.

Je me dis quand même qu’il vaut mieux être prudente car je suis également seule s’il y a problème… Et évidemment, juste après m’être fait cette remarque, le chemin se divise: je peux emprunter un petit sentier qui monte gentiment une falaise, ou prendre une échelle d’apparence assez vieille qui entre dans un tunnel sombre avec des panneaux “attention” partout. Bon… tant pis pour la prudence.

Le trajet que je suis m’emmène jusqu’au sommet de la Vallée Rouge, d’où on a une vue d’ensemble du paysage. C’est absolument magnifique.

La Cappadoce s’est formée il y a 60 million d’années par l’érosion de la lave et des cendres des volcans locaux. Grace à sa roche tendre, facile à creuser, c’est devenu un habitat troglodyte parfait pour les premières populations Hittites qui s’y sont installé. Après le déclin de leur civilisation, la région est pendant longtemps devenue un abri pour les Chrétiens qui fuyaient l’empire romain, les Arabes ou les Ottomans. Pendant cette période, ils ont creusé de nombreuses habitations et des églises dans les parois des vallées, que l’on peut encore visiter aujourd’hui. Certaines ont toujours des peintures et gravures des 9ème et 10ème siècles, comme Haçli Church.

Ou encore l’Eglise aux Trois Croix.

Plus loin, la randonnée me fait descendre par des pentes escarpées où une corde accrochée sur la paroi est bien utile. Je croise quelques touristes français qui ont du mal à passer aussi, alors qu’ils viennent de Corse !

Finalement, la boucle est bouclée et je retrouve les grands parkings du début, puis l’auberge. Bien fatiguée, je m’autorise une “petite” sieste… qui me prend le reste de l’après-midi. Après la tombée de la nuit, je ressors dans Gorème pour prendre quelques photos de la ville et trouver à manger, puis je discute avec d’autres hôtes de l’auberge. L’avantage de ce mode de voyage, c’est qu’il est plus facile de socialiser !

Le lendemain, je me lève aux aurores pour voir une nouvelle fois les montgolfières depuis le toit de l’auberge. En Cappadoce, on dort peu !

Puis je pars pour la ville souterraine de Derinkuyu. Depuis Gorème, il suffit de prendre deux bus et de suivre les indications des conducteurs pour trouver ce lieu hautement touristique. Derinkuyu est la plus grande ville souterraine de Turquie, et s’étend sur cinq étages et 85m de profondeur. A son apogée, entre les 8ème et 12ème siècles, elle pouvait accueillir jusqu’à 20 000 personnes. Cependant, elle n’était sans doute pas habitée en permanence mais utilisée surtout pour échapper aux attaques. Redécouverte et ouverte aux visiteurs depuis 50 ans, on peut en visiter environ la moitié. Et le site est aussi impressionnant que son histoire laisse penser.

L’expédition me prend la majorité de la journée, car la nuit tombe tôt à présent, et je finis la soirée en regardant le soleil se coucher sur la Vallée Rose.

En ce troisième jour, j’ai décidé de me lever carrément avant le lever du jour. Je veux aller jusqu’au point de vue au-dessus de Gorème pour profiter à fond du spectacle quotidien des ascensions de montgolfière. Il y a foule, mais on comprend vite pourquoi quand le soleil apparaît et illumine les énormes ballons de toutes les couleurs. Certains plongent dans les canyons et d’autres passent même à côté de nous !

Au programme aujourd’hui, la Vallée de l’Amour et la Vallée Blanche. Je pars cette fois vers le nord et m’élève au-dessus de la ville avant de redescendre dans la vallée de l’autre côté. Celle-ci est célèbre pour ses “cheminées” à la forme… particulière.

La vallée blanche, dans la continuité de la première, mérite également bien son nom. Probablement mieux irriguée que les autres, elle a aussi plus de végetation qui tapissent son fond.

Cette vallée mène jusqu’à Uçhisar, une ville bâtie sur les flancs du pic de Kale. Je n’y entre pas, mais même de loin, il faut admettre que la vue de sa forteresse est saisissante.

Pour revenir à mon point de départ, je passe par la Vallée des Pigeons, où on trouve théoriquement beaucoup de nids d’oiseaux creusés dans la roche. De tous les canyons environnants, c’est sans doute le plus grandiose, mais il ne vaut pas la beauté de la vallée Rose…

Avec cette dernière balade, mon séjour en Cappadoce s’achève déjà, bien trop tôt. Je n’avais pas imaginé aimer autant ce coin, et si je ne devais pas récupérer Betty en Bulgarie deux jours plus tard, je serais certainement restée plus longtemps. Qu’à cela ne tienne, il faudra que je revienne !

Pour mon dernier jour, une navette vient me chercher à l’auberge, encore une fois au lever du jour… En chemin vers l’aéroport, j’ai un aperçu du reste de l’Anatolie, la région centrale du Turquie.

J’ai choisi de rentrer à Istanbul en avion, une décision que je regrette à présent car elle me fait perdre une grosse demi-journée, même si cela me permet de passer un peu plus de temps à Istanbul pour voir la rive asiatique. En réalité, le temps d’aller à l’aéroport, d’attendre, de voler, puis de rejoindre ma nouvelle auberge, il fait presque nuit quand je ressors, et je n’ai le temps de prendre que quelques photos avant de manger et de rentrer.

Enfin, c’est le grand retour. Le bus m’attend à 10h de l’autre côté de la ville pour me ramener vers Sofia, et Betty, que je retouve après une grosse semaine de séparation. Je suis crevée, mais heureuse, et surtout j’ai extrêment hâte de retourner en Turquie !

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