En Italie: les Pouilles

Parvenue en Italie, j’ai passé une dizaine de jours dans les Pouilles, le talon de la botte italienne, et notamment dans le Salento, sa zone la plus méridionale. Si je devais en garder une seule image, ce serait celle d’une ville blanche, perché sur une colline ou une falaise !

Début février marque mon arrivée en Italie. Depuis la Crête, j’ai rejoint le continent et remonté toute la côte ouest de la Grèce jusqu’à Igoumenitsa, port proche de l’Albanie. De là, j’ai pris le ferry pour Brindisi, dans le sud de l’Italie.

Bien que confortables pour l’hiver, les températures ont chuté par rapport à la Grèce, et j’ai dû dire au revoir aux baignades et aux douches sur la plages. On m’avait avertie que les campeurs étaient parfois moins bien acceptés en Italie qu’ailleurs, mais je n’ai pas eu de problèmes pendant les deux mois que j’y ai passés. Il était peut-être plus difficile de trouver des lieux tranquilles pour dormir mais l’Italie a un bon réseau de fermes, restaurants ou gîtes qui accueillent les vans (similaire à France Passion pour ceux qui connaissent). L’abonnement à Agricamper offre accès à 1600 étapes, dont certaines ont des sanitaires (avec douche chaude) très bienvenus !

Agricamper dans un vignoble

J’ai passé une dizaine de jours dans les Pouilles, le talon de la botte italienne, et notamment dans le Salento, sa zone la plus méridionale. Si je devais en garder une seule image, ce serait celle d’une ville blanche, perché sur une colline ou une falaise !

Les paysages du Salento sont assez monotones, grands champs rocailleux et occasionnellement quelques petits collines, mais ses côtes présentent une succession de falaises creusées, percées, déchiquetées, qui valent le détour.

Du côté de Torre dell’Orso, on peut par exemple découvrir la grotte de la Poésie, une magnifique piscine naturelle créée par un effondrement de la roche. L’eau y est d’un émeraude éblouissement. Les touristes viennent aujourd’hui l’admirer ou s’y baigner, mais il y a 3000 ans, la grotte était apparemment un site ritualistique dédié au dieu Taotor…

A quelques kilomètres, la baie de Torre Sant’Andrea est connue pour ses arches et ses aiguilles érodées par les vagues. En février, le ciel était couvert et le lieu désert, mais il était facile d’imaginer les milliers de visiteurs qui s’y pressent en été.

Tout le long du littoral, on trouve ainsi de multiples formations rocheuses plongeant dans une mer turquoise. C’est l’occasion de faire de belles balades entre deux visites de villes.

Grotte du diable et falaises de Leuca

Mais la caractéristique principale des Pouilles, pour moi en tout cas, c’est la blancheur de ses villes. Que ce soit sur la côte ou dans les terres, on les voit de loin ! Certaines explications disent que les habitants avaient pris l’habitude de peindre leurs maisons à la chaux pour réfléchir la lumière du soleil et éblouir d’éventuels attaquants, d’autres que les habitations étaient désinfectées à la chaux pendant la peste noire, et que la tradition aurait perduré.

Ostuni

Les plus impressionantes sont certainement Ostuni et Polignano a Mare, ainsi que les petites Locorotondo et Putignano. Polignano est notamment célèbre pour son architecture dramatique, ses bâtisses construites au bord de falaises plongeant à pic dans la mer. J’ai d’ailleurs pu constater le nombre de touristes qui se pressaient pour prendre des photos. Cela dit, il y avait moins de monde dans les ruelles, et il était agréable de s’y balader – et de s’y perdre, car Polignano peut être un vrai labyrinthe !Une caractéristique partagée par les trois autres villes. On sent qu’elles ont été bâties à une époque où les ruelles tortueuses étaient la norme, et j’adore me promener dans des villes comme ça.

Brindisi a une histoire encore plus ancienne, car son port important est considéré comme l’une des portes vers l’orient dès l’époque romaine. La Via Appia, qui relie Rome au reste du pays, s’y achève d’ailleurs. Prenant la route à l’envers, c’est là que j’ai commencé ma découverte du sud de l’Italie !

Lecce a également une riche histoire qui remonte à l’ère grecque, mais la ville est devenue très grande aujourd’hui (c’est la capitale du sud des Pouilles) et a un peu perdu de son charme, selon moi. Elle est d’avantage connue pour ses bâtiments baroques, et était en plus en travaux quand j’y suis allée. Cependant, ce doit être une bonne base pour les touristes qui souhaitent se poser pour visiter la contrée !

Sur la côte Est, j’ai surtout aimé Otranto. Assez similaire à Brindisi, son port en a longtemps fait un lien entre Orient et Occident. L’un des événements les plus marquants de son histoire fut la bataille d’Otranto, quand les Ottomans ont saisi la ville et tué 800 habitants qui avaient refusé de se convertir à l’islam. Devenus martyrs chrétiens, leurs crânes sont conservés dans la cathédrale.

En route vers le sud, le phare de Punta Palascia.

Et la petite ville de Santa Cesarea Terme, avec ses maisons cossues.

Tout au sud, Santa Maria di Leuca marque la pointe du talon. C’est le Finistère italien, le lieu où saint Pierre aurait débarqué, le site du deuxième plus grand phare du pays, et de la basilique de Finibus Terrae. La ville elle-même est petite et sans grand attrait, mais on trouve une multitudes de grottes dans les falaises alentours, dont plusieurs sont accessibles à pied.

L’une des cités que j’ai préférées est Gallipoli, et j’ai failli passer à côté ! Elle se situe sur la côte ouest du talon, et son centre ville attire immédiatement l’attention. Edifié sur une île, entouré de remparts, il est seulement relié à la terre ferme par un pont. D’après les légendes, Gallipoli aurait été fondée pendant l’Antiquité par un roi crétois, petit-fils de Minos, et était une ville importante de l’empire grec. Comme Lecce, elle présente de nombreux monuments baroques.

En contiunant à remonter vers le nord, un peu plus dans les terres, Alberobello a une spécificité supplémentaire: elle est connue pour ses trulli, de petites maisons coniques en pierres sèches. On en trouve dans toute la région, mais il y en a une concentration particulière dans les quartiers Monti et Aia Piccola de la ville. Pour être honnête cependant, le coin est hyper touristique, gâchant le charme des habitations, et il est beaucoup plus agréable de découvrir les trulli en circulant dans les environs.

Dans le style photographique, et même cinématographique, on peut visiter encore plus au nord Gravina in Puglia. Les fans de James Bond y reconnaîtront les lieux de tournage de Mourir peut attendre. Les fans d’histoire et de culture seront ravis par les tunnels et souterrains creusées sous la ville. Ceux-ci ont eu plusieurs utilisations au cours des siècles, depuis l’extraction de matériaux pour construire les maisons, la conservation de nourriture et surtout de vin, et leur usage comme refuges pendant les conflits. Un lieu très intéressant !

Mais la plus belle, la plus impressionnante, la plus mémorable, pour moi, a été Matera. Déjà, la ville se situe au bord, voire sur les flancs, d’un canyon. Ce qui veut dire qu’on peut la contempler depuis l’autre versant de la gorge. Ensuite, c’est une cité troglodyte qui se fond dans la roche environnante. Enfin, les parties les plus anciennes des Sassi (les vieux quartiers) datent de 9 000 ans, ce qui ferait de Matera la troisième plus vieille ville au monde. Franchement, j’ai trouvé l’ambiance de cet endroit magique, et j’espère y retourner un jour !

Ces deux dernières villes sont davantage dans les terres, et Matera marque la frontière avec la Campanie, la pointe de la botte italienne. C’est donc sur cette dernière visite que j’ai quitté les Pouilles, à regret. Malgré les commentaires sur l’aspect touristique de la région, ou les difficultés à y circuler en van, j’y ai passé un excellent moment, et je pense que s’y rendre en hiver est un bon plan pour éviter la foule et les ennuis.

Direction l’ouest pour le prochain article, vers la Sicile, et Malte ! 😊

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