The long way down: Hongrie, Roumanie et Bulgarie

En deux mois sur la route, j’ai fait moins de rencontres que je l’aurais cru. Il semble que la plupart des gens qui voyagent en van sont en couple et globalement heureux de rester entre eux… Il y a également très peu de femmes voyageant seules, ce qui est un peu triste. Mais les quelques personnes avec qui j’ai parlé étaient vraiment sympa et nous avons toujours passé un très moment !

En deux mois sur la route, j’ai fait moins de rencontres que je l’aurais cru. Il semble que la plupart des gens qui voyagent en van sont en couple et globalement heureux de rester entre eux… Il y a également très peu de femmes voyageant seules, ce qui est un peu triste. Mais les quelques personnes avec qui j’ai parlé étaient vraiment sympa et nous avons toujours passé un très moment !

La soirée avec Ben, Caro et les Hollandais l’autre jour s’est révélée instructive car ils m’ont donné des idées et des astuces pour le reste de mon road-trip. On m’a notamment recommandé de passer par la Turquie, un projet que j’avais depuis longtemps mais que je ne comptais pas forcément accomplir cette année car mon assurance van ne couvre que l’Union Européenne. Qu’à cela ne tienne, je laisserai mon van Betty en Bulgarie et partirai sac-au-dos !

Le but est donc maintenant de traverser la Hongrie et la Roumanie assez vite, histoire d’arriver en Turquie avant qu’il fasse trop froid, car nous sommes déjà mi-octobre !

Escale rapide à la frontière hongroise pour visiter la grotte de Baralda. J’ai toujours aimé faire des expéditions souterraines, que ce soit pour observer des phénomènes géologiques ou des gravures/dessins préhistoriques. Là, il s’agit d’une caverne de 25km de long, avec des tunnels dans de multiples directions, un vrai labyrinthe, inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco !

Hors saison, il n’y a que trois visites guidées par jour donc je rejoins les quelques personnes qui attendent après avoir pris mon ticket. La vendeuse m’a expliqué que le tour se limitait aux premières salles, durait environ 1h et était en hongrois. Mais j’ai un petit prospectus en anglais et de je peux admirer même sans comprendre les explications du guide !

Quelques minutes avant 10h, tout le monde se lève et se dirige vers l’entrée, je suis le mouvement, salue le guide et quitte la surface. Les couloirs sont impressionnants dès le début, couverts de stalagtites et stalagmites. Il y plusieurs ruisseaux le long du chemin que nous suivons, qui se transforment en mini-lacs par endroit. Nous finissons pas arriver dans une immense salle souterraine, qui sert manifestement parfois de salle de spectacle. Le guide fait une démonstration de l’accoustique, qui est incroyable. Nous avons quelques minutes pour prendre des photos, puis la visite continue. Après un petit mot du guide (que je ne comprends évidemment pas), nous passons dans une section fermée par une corde et nous nous engageons dans un nouveau couloir. Quelques minutes plus tard, nous sortons de la partie éclairée et tout le monde sort une lampe de poche… sauf moi.

Encore un moment et je réalise que les autres sont quand même très bien équipés: chaussures de rando, k-way, sac-à-dos… Nous sommes partis depuis 1h15 quand je commence à me dire que j’ai peut-être raté quelque information capitale… et quand nous nous arrêtons pour pique-niquer 30min plus tard, j’avoue au guide que j’ai sans doute suivi le mauvais tour. Surprise puis choc du guide, et de tout le groupe: j’ai en fait rejoint un tour de 5h qui se dirige vers une autre sortie de la grotte, tour qui se déroule seulement une fois par semaine, précisément le dimanche à 10h ! Evidemment, je n’ai presque rien dans mon sac, pensant être partie pour 1h et 2km, même pas de l’eau… Le guide me prête gentiment une lampe torche, et il est clairement très embêté (on est deux) mais il n’y a pas le choix, je ne peux pas revenir seule. D’un aperçu de la grotte de Baralda, je suis donc passée à une vraie aventure spéléologique, et il faut avouer que c’était très chouette ! A l’arrivée, j’étais assoifée mais heureuse, et le guide m’a aidé à prendre le bus pour revenir à ma voiture, et m’a même payé le ticket. Quelle journée, je me souviendrai longtemps de Baralda !

De là, je file vers la Roumanie, pour un autre type de structure souterraine: la mine de sel de Turda. Le site de Turda est exploité depuis 2000 ans, et la mine elle-même a été commercialisée de 1271 à 1932. En 1992, elle a rouvert en tant qu’attraction touristique. C’est un lieu spectaculaire: la chambre principale est un immense cône de 112m de profondeur et 67m de large, dans laquelle se trouve une grande roue; une autre chambre en forme de cloche est encore 90m plus bas, et elle est en partie remplie d’eau. Toute la mine est illuminée par une infinité de néons et cela donne une atmosphère vraiment spéciale, magique. Au-dessus des chambres, les salles des machines ont été laissées en place, et des panneaux donnent des informations assez complètes sur le fonctionnement de la mine. Franchement, c’est une autre visite que je n’oublierai pas, c’est un des endroits les plus incroyables que j’ai vus.

Continuant sur ma lancée sportive, je fais un détour par la gorge de Cheile Turzii, située non loin de Turda. Ce canyon fait un peu plus d’un kilomètre de loin et 200 de profondeur. Après la sécheresse de la mine, cette petite balade m’a fait du bien, et j’ai pu en profiter pour prendre plein de photos aussi !

Après la marche, retour en voiture. Et en Roumanie, cela vaut dire traverser les Carpates, ce qui me donne enfin l’occasion de prendre une des plus célèbres routes de montagne d’Europe: la Transfăgărășan ! Longue de 100km, la construction de cette route aurait causé des centaines de morts dans les années 60. Malgré son triste passé, elle forme un magnifique passage vers la Transylvanie.

Pour célébrer la fin proche de mon parcours en Europe de l’Est, je suis passée par mes thermes préférés en quittant la Roumanie: les thermes de Bucharest, les plus grands d’Europe (bientôt dépassés par un nouvel établissement à Manchester, mais pas encore) ! Je les avais découvert lors de mon road-trip le long du Danube en 2022, et je m’étais promis d’y retourner. C’est désormais chose faite !

(photo officielle des thermes)

Ce soir-là, je finis dans un fossé en croyant me garer sur un parking, mais heureusement des gens passant sur la route m’en sortent. Pas de dégâts, plus de peur que de mal ! Le lendemain, le passage de frontière avec la Bulgarie est particulièrement long à cause d’un accident, et c’est également la première fois que je dois montrer mes papiers à la douane depuis que je suis entrée dans l’Union Européenne. Enfin, après trois longues heures d’attente, je peux me diriger vers ma dernière étape avant Sofia, où je laisserai Betty: la forteresse médiévale de Tsarevets à Veliko Tarnovo.

Elle fut la citadelle fortifiée la plus importante de l’Empire bulgare de 1185 à 1393, qui s’étendait alors de la Roumanie à la Grèce, avant de tomber aux mains des Ottomans. Le complexe vaut le détour, ne serait-ce que pour la vue que l’on a du sommet de la colline. Et il se trouve que tous les jeudi soir, pile quand j’y étais, la ville produit un son et lumière sur la forteresse. Sans le planifier, j’ai le timing parfait depuis une semaine !

5 jours et 1400km après avoir quitté le Paradis Slovaque, me voilà finalement arrivée à Sofia. Betty va prendre une semaine de vacances bien méritée pour la première fois en 2 mois et 10 000km. Quant à moi, je pars pour la Turquie !

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